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Les boîtes de nuit fermeront à 3 heures |
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On ne s’improvise plus patron de discothèque ou de bar et en marge de
ce cœur de métier se dessine de nouvelles obligations pour lesquelles
l’exploitant n’est pas toujours bien formé. Les problèmes d’abus
d’alcool, de drogue et de violence et la volonté des pouvoirs publics à
s’attaquer à ces maux les obligent à se plier aux règlements jugés
parfois trop répressifs. Le dernier en date : la fermeture à partir du
1er mars 2006 à 3 heures du matin au lieu de 5 heures
La route continue de tuer, et le millésime 2005 risque d’être mauvais.
Plus de 60 morts sur le département ! Et les premiers responsables
semblent être les exploitants d’établissements à la lecture du nouveau
décret pensé par la préfecture en collaboration toutefois avec la
profession concernée. Une profession qui semble vouloir et devoir se
spécialiser face aux nombreux problèmes de société qu’elle rencontre ;
sécurité routière, consommation illicite de drogues, violence, bruit,
etc. Sur le département, le fléau numéro un reste la lutte contre
l’alcoolisme et ses méfaits au volant. La préfecture a ainsi avancé
d’un pas dans la répression en obligeant, dès le 1er mars prochain, les
discothèques à fermer à 3 heures au lieu de 5 heures actuellement et
les cafés, restaurants, bars de nuit ou cabarets, à 0 h 30. Les boites
pourront toutefois bénéficier d’une dérogation annuelle jusqu’à 5
heures après instruction d’une demande qui devra justifier du respect
de la sécurité, de la salubrité et de la tranquillité publiques, de la
tenue d’une billetterie et de la signature d’une charte
professionnelle. “Des dérogations précaires et révocables mais si les
discothèques appliquent la loi, on peut penser qu’elles seront
admises”, souligne Claude Villeneuve, le nouveau sous-préfet de
Saint-Benoît pour qui l’objectif phare de ce décret est de faire
fléchir le chiffre de 67 morts par an. Même directive à l’encontre des
bars de nuit, cafés qui pourront également demander une prolongation
jusqu’à 2 heures en raison de leur implantation et des animations
organisées. A cette annonce, le milieu de la nuit ne cache pas son
inquiétude et son désarroi face à une telle mesure. “C’est inquiétant
!”, s’exclame le directeur du Moulin du Tango, “ils veulent tuer
l’île”, s’insurge un autre propriétaire dionysien. “La Réunion va
devenir un pôle d’affaire, une île de vieux et de congressistes”, se
gausse le président de la restauration réunionnaise, Pascal Goyard. “OK
donc à la politique de lutte contre l’alcoolisme mais tout n’est pas la
faute des discothèques. Notre profession est pénalisée par des charlots
inconscients”, rage-t-il.
RESPONSABILITÉ
De son côté, le porte parole de l’UMIH (Union des industries de
l’Hôtellerie de la Réunion), Philippe Doki-Thonon montre du doigt “le
flou” de la réglementation des bar dit “dance”. “Pour le moment, c’est
l’anarchie totale. Un bar comme le Blue Brother n’a pas les mêmes
contraintes législatives que le First”. A l’origine de sa réflexion en
concertation avec la préfecture, la profession émet toutefois des
réserves sur le risque de dérives du décret et ne souhaite pas être
désignée comme l’unique auteur de tous les tourments de la société.
“Nous espérons ne pas être la cible systématique des services de police
et de gendarmerie. Que sur simple lettre de réclamation ou de
dénonciation les bars et les boîtes ne feront pas l’objet de sanction
au risque de perdre leur dérogation.” En attendant, comme il faut
toujours un coupable, les stations-service dans lesquelles, les jeunes
peuvent acheter de l’alcool jusqu’à 21 heures sont elles aussi
stigmatisées. “On les retrouve ensuite sur les parkings des boîtes de
nuit et en cas de problème on en fait porter la responsabilité au chef
d’entreprise”, dénonce Philippe Doki-Thonon. Pour sa défense, Pascal
Plante, du syndicat des gérants de stations-service se dit sensibilisé
à la problématique et à la charte signée. “C’est un faux débat. Celui
qui veut acheter de l’alcool ira s’en procurer à moindre frais dans une
grande surface en fin de journée”. Conscientes de leurs obligations,
les discothèques, elles, proposent déjà de reconduire chez eux via “Vol
II nuit” (dans l’ouest), les clients trop imbibés. “Encore faut-il
qu’ils acceptent”, signale Momo, directeur du Moulin du Tango. Par
ailleurs, une charte de bonne conduite dans laquelle les signataires
s’astreindront, en autres, à proposer des tarifs préférentiels aux
clients qui ne boivent d’alcool devrait voir le jour d’ici peu. Dans
l’Ouest où se concentre une grande partie de la fièvre noctambule, les
propriétaires d’établissement affichent une perte de 30 à 40% de leur
chiffre d’affaires. “Les clients ne consomment plus d’alcool à table
avec le syndrome de la peur du gendarme. On a tellement été emmerdés
par les autorités qu’on a arrêté d’ouvrir le soir. S’ils avaient été
plus maléables et compréhensifs on aurait continué d’animer la ville.
C’est toute la filière des spiritueux qui est mal”, se plaint ce
bistrotier. |
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