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06-01-2009
 
 
Les boîtes de nuit fermeront à 3 heures Version imprimable Suggérer par mail
On ne s’improvise plus patron de discothèque ou de bar et en marge de ce cœur de métier se dessine de nouvelles obligations pour lesquelles l’exploitant n’est pas toujours bien formé. Les problèmes d’abus d’alcool, de drogue et de violence et la volonté des pouvoirs publics à s’attaquer à ces maux les obligent à se plier aux règlements jugés parfois trop répressifs. Le dernier en date : la fermeture à partir du 1er mars 2006 à 3 heures du matin au lieu de 5 heures La route continue de tuer, et le millésime 2005 risque d’être mauvais. Plus de 60 morts sur le département ! Et les premiers responsables semblent être les exploitants d’établissements à la lecture du nouveau décret pensé par la préfecture en collaboration toutefois avec la profession concernée. Une profession qui semble vouloir et devoir se spécialiser face aux nombreux problèmes de société qu’elle rencontre ; sécurité routière, consommation illicite de drogues, violence, bruit, etc. Sur le département, le fléau numéro un reste la lutte contre l’alcoolisme et ses méfaits au volant. La préfecture a ainsi avancé d’un pas dans la répression en obligeant, dès le 1er mars prochain, les discothèques à fermer à 3 heures au lieu de 5 heures actuellement et les cafés, restaurants, bars de nuit ou cabarets, à 0 h 30. Les boites pourront toutefois bénéficier d’une dérogation annuelle jusqu’à 5 heures après instruction d’une demande qui devra justifier du respect de la sécurité, de la salubrité et de la tranquillité publiques, de la tenue d’une billetterie et de la signature d’une charte professionnelle. “Des dérogations précaires et révocables mais si les discothèques appliquent la loi, on peut penser qu’elles seront admises”, souligne Claude Villeneuve, le nouveau sous-préfet de Saint-Benoît pour qui l’objectif phare de ce décret est de faire fléchir le chiffre de 67 morts par an. Même directive à l’encontre des bars de nuit, cafés qui pourront également demander une prolongation jusqu’à 2 heures en raison de leur implantation et des animations organisées. A cette annonce, le milieu de la nuit ne cache pas son inquiétude et son désarroi face à une telle mesure. “C’est inquiétant !”, s’exclame le directeur du Moulin du Tango, “ils veulent tuer l’île”, s’insurge un autre propriétaire dionysien. “La Réunion va devenir un pôle d’affaire, une île de vieux et de congressistes”, se gausse le président de la restauration réunionnaise, Pascal Goyard. “OK donc à la politique de lutte contre l’alcoolisme mais tout n’est pas la faute des discothèques. Notre profession est pénalisée par des charlots inconscients”, rage-t-il.

RESPONSABILITÉ

De son côté, le porte parole de l’UMIH (Union des industries de l’Hôtellerie de la Réunion), Philippe Doki-Thonon montre du doigt “le flou” de la réglementation des bar dit “dance”. “Pour le moment, c’est l’anarchie totale. Un bar comme le Blue Brother n’a pas les mêmes contraintes législatives que le First”. A l’origine de sa réflexion en concertation avec la préfecture, la profession émet toutefois des réserves sur le risque de dérives du décret et ne souhaite pas être désignée comme l’unique auteur de tous les tourments de la société. “Nous espérons ne pas être la cible systématique des services de police et de gendarmerie. Que sur simple lettre de réclamation ou de dénonciation les bars et les boîtes ne feront pas l’objet de sanction au risque de perdre leur dérogation.” En attendant, comme il faut toujours un coupable, les stations-service dans lesquelles, les jeunes peuvent acheter de l’alcool jusqu’à 21 heures sont elles aussi stigmatisées. “On les retrouve ensuite sur les parkings des boîtes de nuit et en cas de problème on en fait porter la responsabilité au chef d’entreprise”, dénonce Philippe Doki-Thonon. Pour sa défense, Pascal Plante, du syndicat des gérants de stations-service se dit sensibilisé à la problématique et à la charte signée. “C’est un faux débat. Celui qui veut acheter de l’alcool ira s’en procurer à moindre frais dans une grande surface en fin de journée”. Conscientes de leurs obligations, les discothèques, elles, proposent déjà de reconduire chez eux via “Vol II nuit” (dans l’ouest), les clients trop imbibés. “Encore faut-il qu’ils acceptent”, signale Momo, directeur du Moulin du Tango. Par ailleurs, une charte de bonne conduite dans laquelle les signataires s’astreindront, en autres, à proposer des tarifs préférentiels aux clients qui ne boivent d’alcool devrait voir le jour d’ici peu. Dans l’Ouest où se concentre une grande partie de la fièvre noctambule, les propriétaires d’établissement affichent une perte de 30 à 40% de leur chiffre d’affaires. “Les clients ne consomment plus d’alcool à table avec le syndrome de la peur du gendarme. On a tellement été emmerdés par les autorités qu’on a arrêté d’ouvrir le soir. S’ils avaient été plus maléables et compréhensifs on aurait continué d’animer la ville. C’est toute la filière des spiritueux qui est mal”, se plaint ce bistrotier.
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