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08-01-2009
 
 
Nouvelle étiquette pour les vins du Sud Version imprimable Suggérer par mail
Languedoc-Roussillon, Sud de France . Telle est désormais la dénomination du premier vignoble mondial qui s’unit pour partir à la conquête de nouveaux marchés, seule alternative à la sévère crise viticole actuelle.
La nouvelle appellation n’est pas encore totalement officiellement née, car ce nouveau nom doit être validé par les conseils d’administration des différents syndicats de viticulteurs et par un vote du conseil régional à la fin du mois. Mais après des années de discussions et de négociations, les différents protagonistes sont enfin tombés d’accord pour le lancement d’une marque commune.

Le comité des vins de pays de Languedoc-Roussillon, le conseil interprofessionnel des vins du Languedoc, le conseil interprofessionnel des vins du pays d’Oc et le conseil interprofessionnel des vins du Roussillon, qui représentent la quasi-intégralité de la filière viticole dans la région, ont accepté de se commercialiser sous une dénomination commune. Une bonne nouvelle qui arrive dans un contexte de crise structurelle profonde dans le monde du vin, comme l’ont démontré les manifestations du 15 février dernier.

C’est au salon Vinisud de Montpellier, qui a pour ambition de devenir l’évènement phare des vins du bassin méditerranéen, que les différents protagonistes de cet accord sont venus s’expliquer lundi. « L’accord n’était pas évident, mais l’intelligence a prévalu. Ce nouveau nom est crucial pour l’histoire, l’économie et l’identité de la région, que la viticulture marque de son empreinte depuis vingt-sept siècles », estime Georges Frêche, président (PS) de la région, avant d’ajouter dans un nouvel acte de contrition : « Au final, je suis heureux que Septimanie ne se soit pas imposée, car Sud de France sera plus facile à faire connaître. »

Déplorant le manque d’implication de la France derrière son vignoble, avec seulement 10 millions d’euros destinés à la promotion des vins français alors que des pays émergents sur le marché viticole y consacrent des sommes bien plus élevées, Georges Frêche a également annoncé que la région met 12 millions sur la table. Des bureaux de représentation régionaux à l’export seront ouverts d’ici à la fin de l’année à Bruxelles, Londres, Berlin, Milan, Barcelone, Moscou, New-Delhi, Shanghai, Boston et Sao-Paulo.

« Les viticulteurs de notre région ont, il y a vingt ans, entamé une véritable révolution, celle de la qualité, avec succès, poursuit l’élu. Cette époque se termine. Aujourd’hui commence celle de la professionnalisation dans la vente et dans l’export. Il faut conclure une paix définitive avec le négoce. Je suis même prêt à subventionner l’installation de marchands de vin. »

Les représentants des viticulteurs ont bien saisi l’enjeu de Languedoc-Roussillon, Sud de France : « Une marque commune, ce sont des moyens supplémentaires sur la communication et sur l’identité, ce qui ne peut que nous conforter sur les marchés à l’export », note Philippe Coste, le président du conseil des vins du Languedoc. « Nous avons la qualité, ce qui nous manque c’est l’image », confirme Jean-Louis Salies, des vins du Roussillon. « Aujourd’hui, c’est un assemblage que nous créons, que chacun apporte le meilleur de lui-même. » « Face à la crise, nous fédérer est la seule solution », conclut Jacques Gravegeal, des vins du pays d’Oc, avant de souligner : « Nous conserverons cependant notre diversité qui est notre richesse. »

Marc Leras



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