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08-01-2009
 
 
Nombre de viticulteurs sont réduits à demander le RMI Version imprimable Suggérer par mail
De 6 000 à 7 000 personnes à Narbonne, près de 5 000 à Béziers, 2 000 à Nîmes, autant à Avignon. Les manifestations viticoles dans le sud de la France ont atteint, mercredi 15 février, leur objectif : mobiliser massivement et dans le calme.
Aucun incident notable - hormis des actes de malveillance visant des installations de la SNCF entre l'Hérault et l'Aude - n'est venu émailler la journée.

Le pari des syndicats de vignerons, organisateurs de ces rassemblements, n'était pourtant pas gagné d'avance. Des violences leur auraient été d'autant plus préjudiciables que le Salon Vinisud -où sont attendus, pendant trois jours, des milliers de professionnels du vin venus du monde entier - ouvrira lundi à Montpellier.

Depuis presque deux ans, la viticulture est engluée dans une crise dont personne ne voit l'issue. La chute continue de la consommation en France, la difficulté de gagner des parts de marché à l'exportation face à la concurrence des pays du "nouveau monde" viticole, l'accroissement des stocks qui en résulte malgré une récolte 2005 plutôt faible en Languedoc-Roussillon, ont miné les transactions.

Fin janvier, au terme des six premiers mois de campagne, elles étaient encore en régression pour les vins de pays et de table par rapport à la même période un an plus tôt.

Combinée à l'effondrement des prix, cette mévente met en péril les comptes des exploitations : "En ce moment nous perdons 1 000 euros par hectare", constate le syndicaliste catalan Jean Roger.

Phénomène nouveau : les vignerons viennent en nombre, dans les caisses de Mutualité sociale agricole, demander le RMI. En décembre 2005, on dénombrait 719 attributaires dans les Pyrénées-Orientales, l'Aude, l'Hérault et le Gard.

Le manque de perspectives est tel que, sous la pression de leur base, les organisations professionnelles ont demandé, à la fin 2005, l'accès à la prime d'abandon définitif... Et les dossiers ont afflué. Les intentions d'arrachage pour 2006 atteignent 12 500 hectares, soit 4,6 % du vignoble régional.


MOBILISATION ÉTENDUE

Dans ces conditions, organiser une nouvelle journée d'action alors que la réponse du gouvernement aux précédentes n'avait pas été à la hauteur des espérances, présentait bien des risques. Notamment celui de la voir déraper dans la violence. Tout le monde a, ici, en mémoire les événements de Montredon (Aude), qui s'étaient soldés par deux morts, un vigneron et un CRS, le 4 mars 1976.
Mercredi, dans les quatre villes, la mobilisation a largement dépassé le cadre de la viticulture pour s'étendre à l'ensemble de la filière et aux acteurs du monde rural. Ainsi, les syndicats ouvriers avaient également rejoint les cortèges, tout comme les salariés des caves coopératives, les employés des sociétés de négoce vitivinicole, des entreprises d'approvisionnement en produits phytosanitaires, les artisans...

A Narbonne, de nombreux élus ceints de leurs écharpes ouvraient le défilé. On notait même la présence de Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne, venu en soutane et calotte.

Jean-Pierre Lacan "Midi Libre" pour "Le Monde


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