| Le géant russe Gazprom flirte avec l’hôtellerie de luxe |
|
|
|
Le géant russe Gazprom ne détient pas seulement le monopole du gaz en Russie, un empire médiatique et une banque: il s’intéresse aussi à l’hôtellerie, comme à Sotchi, candidate aux Jeux olympiques d’hiver de 2014 sur les bords de la mer Noire.
"Le pétrole et le gaz ne sont pas éternels, le tourisme et la banque si", explique Boris Averianov, directeur de l'hôtel Radisson Lazurnaya ("Azur" en russe) de Sotchi, un somptueux quatre étoiles en bord de mer, à l'ombre des palmiers, détenu en majorité par Gazprom. Le palace est fréquenté pour l'essentiel par une clientèle russe fortunée, de nouveau séduite par cette station balnéaire de l'époque soviétique où Staline aimait à venir en villégiature, comme Vladimir Poutine aujourd'hui. Gazprom a misé sur la construction de l'hôtel Lazurnaya dès les années 90 alors que la cité balnéaire était boudée par les riches vacanciers, après la chute de l'URSS, au profit de villégiatures jugées plus tendance, comme la Côte d'Azur française. Le géant gazier prévoit d'agrandir encore l'hôtel Radisson-Lazurnaya, avec des projets de développement de l'ordre de 40 millions de dollars. L'établissement, dont la gestion a été déléguée à la chaîne Radisson, n'est pas le seul de la région à être tombé dans l'escarcelle de Gazprom, devenu depuis peu l'une des premières capitalisations boursières au monde. Le groupe possède également le Peak Hotel de Krasnaïa Poliana, la plus prestigieuse station de sports d'hiver de Russie, à 900 mètres d'altitude sur les contreforts du Caucase, et quelque 70 kilomètres de Sotchi. Il a également investi dans un gigantesque plan de construction immobilière à Krasnaïa Poliana, où pourraient se tenir les Jeux olympiques d'hiver en 2014. Sotchi s'est lancée dans la course à la candidature pour les organiser. "Nous l'appelons le +Village Gazprom+", explique Iefim Biteniov, responsable du comité de candidature de Sotchi pour 2014, en montrant les premiers chantiers en cours avec la construction de chalets de bois aux toits verts. L'objectif est de donner une stature olympique à la station de ski, encore loin de pouvoir rivaliser en terme d'équipement avec les grandes stations des Alpes, qui continuent d'attirer les riches Russes. Le président Poutine lui vient déjà skier ici. "Gazprom est la plus grosse société et le plus gros investisseur dans la région", se félicite le maire adjoint de Sotchi, Sergueï Soukhanov. Mais les réactions des habitants sont plus mitigées. Et les écologistes assurent que les projets immobiliers de la société, particulièrement dans les zones boisées de la station de sports d'hiver, ont causé des dommages irréversibles à l'environnement. Gazprom a "enfreint la loi dans la région de Krasnaïa Poliana", soutient Andreï Roudomakha, du groupe écologiste Ecodéfense, selon qui des milliers d'arbres centenaires d'une essence de buis très rare, buxus colchica, ont été coupés. "Il n'avait pas le droit de construire les installations (du Village Gazprom) parce qu'elles se trouvent sur le territoire du parc national de Sotchi, qui est une aire protégée", ajoute l'écologiste. Gazprom n'a pas souhaité commenter ses accusations. |
| < Précédent | Suivant > |
|---|





















