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Deux types d'aides et exonérations sociales existent dans le cas de la création ou la reprise d'une entreprise.
Les
premières concernent tout d'abord le créateur ou repreneur lui-même.
Ainsi, il peut bénéficier de certaines exonérations, notamment
lorsqu'il crée une entreprise à la suite d'une période d'indemnisation
par les ASSEDIC.
Toutefois, le créateur peut également devenir
très rapidement lui-même employeur, et il pourra également bénéficier
d'aides et d'exonérations en cas d'embauche d'un salarié.
Si le nombre de
ces mesures incitatives à la création d'emplois ont diminué depuis
quelques mois (certaines dispositions intéressantes ayant été notamment
abrogées par une loi du 17 janvier 2003), certaines restent toutefois
encore particulièrement incitatives.
Par ailleurs, de nouvelles dispositions ont été mises en place, notamment par la Loi du 1er août 2003 dite " Loi Dutreil ".
1- les Aides et exonérations accordées au créateur d'entreprise
- Aides
Certaines aides sont directement accordées au
créateur d'entreprise, outre celles qui sont accordées à l'entreprise
nouvellement créée elle-même, comme les Primes d'Aménagement du
Territoire et les Primes Régionales à la Création d'Entreprise.
Ainsi,
si le propos de cet exposé n'est pas de présenter directement ces
aides, qui ne sont pas directement des aides à titre social, il peut
être toutefois utile de présenter les trois principales, qui sont les
suivantes :
- L'avance remboursable pour certains bénéficiaires de l'ACCRE : dispositif EDEN - Encouragement au développement d'entreprises nouvelles.
- L'aide à la création d'entreprise par des personnes handicapées demandeurs d'emploi
- Les prêts d'honneur
accordés par les fondations, associations et clubs de créateurs pour la
constitution des fonds propres. Les ressources peuvent provenir de
particuliers ou d'entreprises (avec déduction fiscale pour les
donateurs).
Des informations plus précises concernant ces aides
peuvent être notamment obtenues sur le site de l'APCE (Agence pour la
création d'entreprise).
- Exonérations
Deux types
d'exonérations sont prévues pour le créateur d'entreprise, selon sa
situation. Ainsi, le Législateur a prévu une exonération plafonnée des
charges sociales tant pour le salarié-créateur d'entreprise, que pour
le demandeur d'emploi.
- Exonérations de charges sociales pour le salarié-créateur d'entreprise
L
a loi n°2003-721 du 1er août 2003 pour l'initiative économique publiée
au journal officiel du 5 août 2003 contient des dispositions prévoyant
la possibilité pour un employé de rester salarié de son employeur tout
en développant une activité, par le biais de la création d'une
entreprise, en bénéficiant d'un aménagement de ses horaires de travail.
Cet
aménagement peut se traduire soit pas un congé création, soit par un
passage du salarié d'un temps complet à un temps partiel.
Toutefois,
l'apport majeur de cette Loi est la possibilité pour le salarié -
créateur d'entreprise de ne cotiser qu'au seul titre de son activité
salarié et non, comme précédemment, au titre à la fois du régime
salarié et du régime des non-salariés.
Cette mesure est entrée en vigueur et s'applique pour toutes les entreprises créées à partir du 1er janvier 2004.
Les conditions ont fait l'objet de précisions par décret (Décret n°2003-1218 du 19 décembre 2003) :
- l'activité salarié doit être antérieure à la création de
l'entreprise : le nombre d'heures d'activité salariée ou la durée
équivalente devant avoir été effectuée préalablement à la date de
création ou de reprise de l'entreprise est fixée à 910 heures au cours
des douze mois précédant la date de cette création ou de cette reprise ;
- un
nombre minimal d'heures devra être effectué au titre de l'activité
salariée, que ce soit sous forme de temps partiel ou de période
d'activité pleine en cas de congé formation : Ce nombre est fixé à 455
heures pendant les douze mois suivant cette date de création ou de
reprise ;
- La cotisation unique est applicable
dans la limite d'un plafond de revenus afférents à l'activité
nouvellement créée : ce plafond est aujourd'hui fixé à 120% du SMIC,
soit, pour décembre 2003, 1371 euros.
Dans ce cas, les modalités de l'exonération seront les suivantes :
- L'exercice de la seconde activité pourra se faire tant
sous le régime des non-salariés que sous le régime des salariés, si
l'activité de créateur relève du statut salarié, (cotisations
patronales et salariales).
- Les cotisations
concernées sont les suivantes : maladie, maternité, veuvage,
vieillesse, invalidité, décès et allocations familiales (sont donc
exclues les cotisations d'assurance-chômage, accident du travail et
retraite complémentaire).
- Enfin, l'exonération est limitée aux 12 premiers mois d'exercice de l'activité de la nouvelle entreprise, ou de la reprise.
L'exonération prévue par ces dispositions est particulièrement
intéressante pour le créateur dans la mesure où elle lui permet de
disposer d'une période probatoire, et de " tester " ainsi ses capacités
de créateur, ainsi que le potentiel de développement de sa jeune
entreprise.
Pour plus d'information concernant le congé création d'entreprise ou le
temps partiel création d'entreprise, vous pouvez vous reporter à
l'article suivant : Mesures sociales pour l'aide à création d'entreprise
- Exonérations de charges sociales pour le salarié-demandeur d'emploi
Cette
mesure concerne les demandeurs d'emploi créant ou reprenant une
entreprise (ACCRE) et consiste en une exonération de charges sociales
pendant un an.
Sont notamment concernés :
- les demandeurs d'emploi, indemnisés par les ASSEDIC ou
susceptibles de l'être (allocation d'assurance chômage ou allocation
spécifique de conversion, ou allocation d'insertion ou allocation de
solidarité spécifique),
- les demandeurs d'emploi non indemnisés, ayant été inscrits 6 mois au cours des 18 derniers mois à l'ANPE,
- les bénéficiaires de l'API (allocation de parent isolé),
- les
salariés repreneurs de leur entreprise en difficulté, dans le cadre
d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire, qui
créent ou reprennent une entreprise, quelle que soit son activité.
L'ACCRE consiste en une exonération de charges sociales pendant un
an à compter, soit de la date de l'affiliation au régime des
non-salariés, soit du début d'activité de l'entreprise, si l'assuré
relève d'un régime de salarié.
L'exonération est totale (à
l'exception du régime de retraite complémentaire) pour les demandeurs
d'emploi indemnisés ou susceptibles de l'être.
Pour les autres
bénéficiaires, l'exonération ne porte que sur la partie des revenus ou
rémunérations ne dépassant pas 120 % du SMIC.
Dans ces deux cas,
quelque soit le régime (salarié ou non-salarié), l'exonération porte
sur les cotisations (patronales et salariales pour les salariés)
correspondant à l'assurance maladie, maternité, invalidité, décès et au
risque accident du travail (uniquement pour les créateurs salariés ou
assimilés).
Ainsi, pour les créateurs ayant le statut de TNS
(travailleurs non salariés) ceux-ci peuvent adhérer pour le risque
accident du travail à l'assurance volontaire, en versant les
cotisations correspondantes.
Il faut toutefois savoir que sans tous les cas, la CSG et la CRDS ne sont pas exonérées.
Enfin,
il est important de noter que l'exonération doit être demandée par le
créateur ou repreneur, AVANT la création ou la reprise de l'entreprise,
quelque soit le statut du repreneur, en envoyant aux caisses une
attestation délivrée par la DDTEFP.
2- les Aides et exonérations accordées dans le cadre de l'embauche de salariés par le créateur d'entreprise
Si le nombre des aides et incitations à l'embauche des premiers
salariés s'est considérablement réduit depuis quelques mois, quelques
dispositions sont toutefois encore applicables, et offrent des
avantages non négligeables pour le créateur qui souhaite embaucher.
- Aide dégressive à l'employeur
Cette aide prévoit la possibilité pour l'employeur (relevant du
champ d'application du régime d'assurance-chômage) de bénéficier d'une
aide dégressive, en cas d'embauche d'un demandeur d'emploi inscrit
depuis plus de 12 mois (3 mois pour les demandeurs d'emploi de 50 ans
et plus).
Le montant de l'aide est dégressive et égal au
pourcentage du salaire mensuel brut d'embauche. Son montant est fixé à
40% la première année, 30% la deuxième et 20% la troisième et dernière
année, en cas d'embauche en Contrat à Durée Indéterminée.
Toutefois,
en cas d'embauche sous forme de Contrat à Durée Déterminée, l'aide est
de 40% du salaire brut le premier tiers du contrat, 30% le deuxième
tiers, et 20% le dernier tiers.
L'aide est versée mensuellement par l'Assedic à l'employeur, ce dernier devant en faire la demande.
- Nouvelle réduction de cotisations
Ce
nouveau dispositif est applicable depuis le 1er juillet 2003, et
remplace notamment l'ancienne réduction unique de cotisation sur les
bas salaires, ainsi que l'allègement de cotisation " 35 heures ".
Il
faut savoir que ce nouveau dispositif s'appliquera au 1er juillet 2005
à tous les salariés dont la rémunération est inférieure à 1,7 fois le
SMIC.
La formule définitive de calcul de la réduction entrera donc en vigueur à cette date.
Toutefois,
avant le 1er juillet 2005, la loi a prévu une période transitoire,
différente selon que l'entreprise bénéficie ou non de l'allègement " 35
heures ".
Ainsi, pour les entreprises bénéficiant de cet allègement, le coefficient maximal de réduction est de 26%.
Pour les entreprises ne bénéficiant pas de cet allègement :
- du 1er juillet 2003 au 30 juin 2004 : le coefficient
maximal de réduction est de 20,8% pour les rémunérations inférieures à
1,5 fois le SMIC ;
- du 1er juillet 2004 au 30 juin
2005 : le coefficient maximal de réduction est de 23,4% pour les
rémunérations inférieures à 1,6 fois le SMIC.
Le montant de la réduction est calculé chaque mois civil, pour
chaque salarié, et est égal au produit de la rémunération mensuelle par
le coefficient.
Cette réduction s'applique uniquement sur les
cotisations patronales (en sont exclues les cotisations de retraite
complémentaire et d'assurance-chômage), les cotisations salariales
restant dues dans leur intégralité.
- Autres aides et exonérations
Il
existe également d'autres aides, moins récentes, mais toujours
applicables, qui peuvent, bien qu'elles ne concernent généralement
qu'une faible partie des actifs, parfois trouver à s'appliquer dans
certains cas.
Parmi ces aides, on retrouve notamment les suivantes :
Il s'agit d'un contrat de formation en alternance à destination des
jeunes de moins de 25 ans, qui ouvre droit à exonération des
cotisations patronales, au remboursement des frais d'orientation
professionnelle (7,62 euros par heure) ainsi qu'au remboursement d'une
partie des coûts liés à l'exercice de la fonction tutorale.
Par
ailleurs, ce contrat est à durée déterminée, et peut faire l'objet
d'une rémunération réduite, le minimum étant fixé entre 30 et 65% du
SMIC suivant l'âge.
La contrepartie est une formation
obligatoire, d'une durée de 20 à 25% selon les cas de la durée totale
du contrat, 75% de ces actions de formations devant être réalisées en
externe (organisme de formation).
Ce contrat permet d'obtenir une exonération des cotisations
patronales de sécurité sociale et une aide de l'Etat en contrepartie de
l'embauche d'une personne rencontrant des difficultés d'accès à
l'emploi.
Sont ainsi notamment concernés les demandeurs d'emploi
de longue durée ou âgés de plus de 50 ans, les personnes rencontrant
des difficultés particulières d'accès à l'emploi, ainsi que les
personnes handicapées.
L'aide accordée de prise en charge de la rémunération est dégressive sur 5 ans (de 60% à 20%) et est limitée à 120% du SMIC.
L'exonération
de cotisation est également plafonnée pour un salaire n'excédant pas
120% du SMIC, dans la limite de 30 heures hebdomadaires, également
pendant 5 ans.
Par ailleurs, une prise en charge de la formation
est également prévue, à hauteur de 3,35 euros / heures, plafonnée à 400
heures.
Dans tous les cas, en cas de doute sur une aide ou une
exonération dont peut bénéficier un créateur d'entreprise, tant à
l'égard de son propre statut qu'à l'égard de celui d'un salarié qu'il
souhaiterait recruter, il peut être utile de s'adresser à l'URSSAF afin
de demander plus de précisions concernant les régimes d'application de
celles-ci. |