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21-11-2008
 
 
L'immobilier et la restauration en première ligne face au ralentissement Version imprimable Suggérer par mail
Au premier semestre, les défaillances d'entreprises ont fortement progressé. Les principaux secteurs touchés sont la construction, l'immobilier et l'hôtellerie-restauration.

Fin juin sur un an, les secteurs de la construction et de l'immobilier totalisent à eux seuls près du tiers des défaillances (redressement judiciaire, liquidation ou procédure de sauvegarde) enregistrées. Responsable d'une agence immobilière dans la région de Strasbourg, Marie Logon ne cache d'ailleurs pas que, en quelques mois, son chiffre d'affaires est en chute de plus de 30 %. « Le durcissement des conditions des crédits immobiliers et l'inflation qui rogne le pouvoir d'achat des ménages se sont rapidement fait sentir », explique-t-elle. Spécialisée sur des transactions haut de gamme, elle n'a pas l'intention de mettre la clef sous la porte, mais « plusieurs de mes concurrents envisagent sérieusement de cesser leur activité d'ici à la fin de l'année », assure-t-elle.

La situation est délicate dans toute la France. « Pour sa première audience de rentrée, le tribunal de commerce a enregistré une quinzaine de dépôts de bilans, principalement dans le bâtiment », explique un proche d'Alain Saulnier, président du tribunal de commerce d'Angers. Le promoteur immobilier Céléos, très présent en Bretagne, vient d'être placé en redressement judiciaire. « Céléos subit de plein fouet un effet de ciseau lié au niveau important de ses charges de structure par rapport à la baisse soudaine de son chiffre d'affaires », explique la direction du groupe.

· Hôtellerie et restauration

Le secteur subit un double impact : la baisse du pouvoir d'achat des ménages et la hausse des tarifs pratiqués dans de nombreux établissements du fait, notamment, de l'envolée des prix du pétrole, qui ont directement alourdi la facture de gaz et d'électricité des hôteliers. Sans oublier, explique Dominique Herbin, gérant d'un hôtel familial de Morzine, que, « dans un secteur qui emploie de nombreux salariés au SMIC, les augmentations successives de mai et juillet ont souvent été fatales ». Près de 80 % des hôtels en France restent familiaux et de petite taille, avec seulement une trentaine de chambres. « La chute du chiffre d'affaires peut donc aller très vite », explique Dominique Herbin, qui rappelle aussi que le secteur a subi d'autres « chocs », dont ceux de l'interdiction de fumer dans tous les établissements.

Si les raisons sont différentes dans la restauration - avec cette fois la hausse du prix des produits alimentaires - les conséquences sont identiques. Comme l'admet Pascal Lentier, restaurateur à Tarbes, qui vient de prendre la décision de fermer son établissement.

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